À Adjamé, une coopérative inaugure une ligne de gbaka où chaque passager a une place assise

Baptisé « Confort 225 », le véhicule dessert la ligne Adjamé–Yopougon aux couleurs habituelles, jaune et fatigue. La coopérative annonce dix-huit passagers pour dix-huit places, là où un gbaka ordinaire de la lagune « en case facilement trente-deux quand le carburant a encore monté ». Les sièges ont été comptés un par un, à la main, devant huissier.
« Nous avons décidé qu'une place assise devait correspondre à une personne assise. C'est une petite révolution », explique un responsable de la coopérative, qui chiffre à 40 % la hausse du confort et à zéro le nombre de coudes dans les côtes. Sur le quai de la gare, l'annonce provoque d'abord un silence, puis une file, puis une deuxième file de curieux venus vérifier qu'on ne se moquait pas d'eux.
À midi, les premiers usagers montent, s'assoient, et se regardent sans savoir quoi faire de tout cet espace. « On va faire comment ? Il reste des places, mais le gbaka veut déjà partir », s'étonne une commerçante d'attiéké qui attendait, par habitude, qu'on la tasse contre la vitre. Le chauffeur, lui, tient l'horaire, ce qui n'avait jamais figuré au programme.
Devant la portière restée grande ouverte, l'apprenti chargé de héler les clients et d'empiler les corps observe le véhicule à moitié vide s'ébranler sans lui. Il hausse les épaules. « Un gbaka où tout le monde est assis, où je vais m'accrocher, moi ? »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos