À Cholet, la dernière boulangerie du centre-ville ferme désormais les jours de forte affluence

Depuis le 1er juillet, un écriteau manuscrit accueille les habitués rue Nationale : « Fermé aujourd'hui en raison d'une affluence prévue trop importante. » Le gérant, Michel Guérin, 58 ans, assume une décision qu'il présente comme « la seule tenable ». « Quand il y a la queue jusqu'au trottoir, on ne suit pas, la pâte n'a pas le temps de reposer, les clients s'énervent. Alors autant ne pas ouvrir », explique-t-il derrière son comptoir, un jour de fermeture.
Pour anticiper ces pics, le boulanger dit s'appuyer sur « le calendrier scolaire, la météo et le flair ». Les samedis, les veilles de jours fériés et les matinées ensoleillées figurent désormais parmi les journées systématiquement fermées. « Un beau soleil, tout le monde veut sa baguette et son pain aux céréales. Ce sont exactement les jours où je baisse le rideau », précise-t-il.
À la mairie, on suit le dossier avec prudence. « Nous comprenons la fatigue des artisans, mais un commerce qui ferme quand il y a des clients, c'est une équation que le service du commerce n'a pas encore réussi à modéliser », reconnaît un adjoint, qui dit avoir proposé « une embauche » sans succès. La chambre de métiers des Pays de la Loire, contactée, indique n'avoir « aucune procédure prévue pour ce cas de figure ».
Les habitués, eux, ont pris le pli. Certains téléphonent le matin pour savoir « si c'est un jour où il y a trop de monde », auquel cas ils renoncent à venir. D'autres se reportent sur la boulangerie de la zone commerciale, à trois kilomètres, « ouverte tous les jours, mais ce n'est pas pareil ».
« Le pain est très bon les jours où c'est ouvert », résume une cliente devant le rideau baissé, avant d'ajouter qu'elle finira sans doute par déménager.
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos