À Constantine, un immeuble de la cité Boussouf nomme un habitant responsable de l'ordre d'allumage des climatiseurs

Tout a commencé la semaine dernière, quand le compteur collectif du bâtiment C a rendu l'âme pour la quatrième fois en trois jours, précisément à l'heure où le soleil frappe la façade ouest. Après une assemblée improvisée dans la cage d'escalier, les onze familles sont tombées d'accord : les climatiseurs ne peuvent plus s'allumer « n'importe comment, n'importe quand ».
La mission a été confiée à Rachid, comptable à la retraite du deuxième étage, réputé pour son sérieux et sa disponibilité. Muni d'un carnet et d'un sifflet, il a établi un roulement : les étages pairs branchent leurs splits de 13 à 16 heures, les impairs de 16 à 19 heures. « Ce n'est pas moi qui commande, c'est le tableau », précise-t-il, en désignant une feuille quadrillée scotchée à côté des boîtes aux lettres.
Le dispositif tient, à quelques tensions près. Une habitante du troisième aurait, selon plusieurs témoins, allumé son appareil « en avance de vingt minutes » un jour de grande chaleur, provoquant une coupure et une réunion extraordinaire le soir même. Sur les 11 foyers concernés, 3 réclament déjà une révision du planning, et un cousin architecte a été « consulté à titre gracieux » pour dessiner un roulement plus équitable.
En attendant, l'harmonie règne à peu près, ponctuée par le sifflet de Rachid qui, chaque après-midi, marque le passage d'un étage à l'autre comme un chef de gare.
« Avant, on se disputait pour le parking. Maintenant on se dispute pour l'air frais », résume le gardien de l'immeuble, assis dans l'entrée, le seul endroit du bâtiment qui reste au frais sans électricité.
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos