À Kinshasa, un comité de quartier de Bandal réclame que l'embouteillage du matin ait désormais un horaire officiel

C'est une revendication que ses porteurs présentent comme « une question de bon sens ». Le collectif « Kin avance », qui rassemble une trentaine de riverains de Bandal, estime que l'embouteillage matinal du boulevard du 30-Juin est devenu « une institution » aussi fiable que le lever du soleil, et qu'il mérite désormais un traitement à la hauteur. « Chaque matin, c'est la même chose entre le rond-point et l'échangeur de Limete. Nous ne demandons pas qu'il disparaisse, nous demandons juste qu'il commence et finisse à une heure connue de tous », résume le président du collectif.
Dans la pétition, remise à la commune, les signataires proposent qu'un panneau soit installé à chaque entrée du boulevard, indiquant « début du blocage » et « fin estimée du blocage », à la manière d'un horaire de train. L'idée est née, expliquent-ils, d'une lassitude toute logistique : à Bandal, on ne compte plus les baptêmes manqués, les entretiens d'embauche ratés et les plats de fumbwa refroidis parce que « personne ne sait jamais si le bouchon d'aujourd'hui sera celui de sept heures ou celui de sept heures et demie ».
Une habitante de la commune, mère de trois enfants, dit avoir déjà adapté toute sa maisonnée à cette exigence de ponctualité : « Je préfère un embouteillage qui respecte son horaire à un embouteillage qui fait ce qu'il veut. Au moins, je saurais à quelle heure préparer les enfants. » Un vendeur de crédit téléphonique installé au bord du boulevard renchérit : selon lui, un horaire officiel ferait même « du bien au commerce », car « les gens sauraient exactement combien de temps ils vont rester coincés devant mon parasol ».
Contactée, une source à la commune indique que la demande « sera étudiée avec sérieux », tout en reconnaissant qu'aucun service n'est pour l'instant en mesure de garantir la ponctualité d'un phénomène « qui, par nature, ne prend rendez-vous avec personne ».
Devant le rond-point, un chauffeur de taxi-bus qui klaxonne au même endroit depuis quatorze ans a haussé les épaules à l'évocation du projet : « Horaire ou pas horaire, moi je suis à l'heure. C'est la route qui est en retard. »
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