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Société · 🇩🇿 Algérie (Alger / Kouba)

À Kouba, la nouvelle plateforme nationale de l'état civil saluée par des usagers venus la remplir avec leurs propres photocopies

Par la Rédaction LEC
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Illustration — À Kouba, la nouvelle plateforme nationale de l'état civil saluée par des usagers venus la remplir avec leurs propres photocopies (Société)
Kouba, Alger — CC BY 3.0 (source)

Depuis la mise en service du nouveau portail des services numériques, l'APC de Kouba, dans la wilaya d'Alger, affiche fièrement à l'entrée une pancarte annonçant que l'extrait de naissance n°12 et la fiche familiale sont « accessibles en ligne ». Les usagers, eux, continuent d'arriver dès sept heures avec une chemise cartonnée, trois photocopies de la pièce d'identité et un timbre fiscal glissé dans une pochette plastique, « au cas où le réseau ferait des siennes ».

« La numérisation, nous la prenons très au sérieux », explique un employé du guichet, qui invite chaque matin les administrés à consulter le site avant de venir. « Le citoyen télécharge le document sur son téléphone, il l'imprime en face, il revient, et là je le certifie conforme. C'est exactement le même papier qu'avant, sauf qu'il est passé par internet. On a gagné une étape. » Selon lui, la version papier reste « la seule preuve rassurante » : « Un serveur, ça tombe en panne. Un tampon, ça ne tombe jamais en panne. »

Devant l'immeuble, la file d'attente s'étire jusqu'au trottoir. Un retraité de Bab El Oued venu régulariser un dossier de pension raconte avoir « bien vu le site fonctionner », mais préférer « toucher le document » avant de repartir. Une jeune femme d'El Harrach, qui a rempli le formulaire en ligne la veille, explique l'avoir tout de même réimprimé « en deux exemplaires, parce qu'un document qu'on ne peut pas plier dans une chemise, ça n'existe pas vraiment ». Un cadre communal, joint entre deux parapheurs, salue « une transition réussie » : le guichet, dit-il, « traite désormais le même nombre de dossiers qu'avant, mais avec la fierté d'être connecté ».

Interrogée sur les délais, l'administration rappelle que la plateforme « fonctionne parfaitement » et que les rares déplacements encore nécessaires relèvent « du confort de l'usager, pas d'une obligation ». Un responsable assure que le papier n'est plus « une lourdeur, mais une garantie » : « Le jour où le réseau nous lâchera, et il nous lâchera, ceux qui auront gardé leurs photocopies nous remercieront. Nous ne numérisons pas contre le papier. Nous numérisons autour du papier. »

De l'autre côté de la rue, le gérant du photocopieur qui fait face à l'APC range une nouvelle rame dans son tiroir. « Avant la numérisation, les gens venaient avec un dossier. Maintenant ils viennent avec un dossier et une clé USB. Moi, je photocopie les deux — depuis qu'ils ont mis le pays en ligne, je n'ai jamais autant vendu de papier. »

⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos

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