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Société · 🇩🇿 Algérie — Alger (Kouba, cité des Annassers)

À Kouba, un retraité arrose la rue devant sa maison chaque soir depuis douze étés et réclame désormais une plaque à son nom

Par la Rédaction LEC
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Illustration — À Kouba, un retraité arrose la rue devant sa maison chaque soir depuis douze étés et réclame désormais une plaque à son nom (Société)
Kouba, Alger, Algérie — CC BY-SA 4.0 (source)

Depuis douze ans, l'homme, retraité de l'enseignement, descend à la nuit tombante rafraîchir la chaussée pour « faire tomber la poussière et la chaleur avant que les gens ne sortent prendre le frais ». Le geste, banal dans presque toutes les rues d'Alger l'été, a fini par prendre chez lui des allures de mission. Il a délimité sa zone à la craie, du pied de l'immeuble jusqu'au platane, et n'arrose pas un centimètre au-delà, « par respect pour le territoire du voisin du 14 ».

« J'ai commencé avant tout le monde dans cette rue, donc c'est à moi », explique-t-il en enroulant méticuleusement son tuyau. Il tient depuis trois ans un cahier où il note l'heure d'arrosage, la direction du vent et « le taux de satisfaction des passants ». Il demande à présent à l'assemblée des copropriétaires de lui reconnaître le titre officiel de responsable de l'humidification du trottoir, avec, à terme, un gilet et une plaque vissée au mur : « Rien d'extravagant, juste mon nom et l'année de prise de fonction. »

La requête divise l'immeuble. Certains locataires plaident pour un roulement, arguant que l'arrosage du trottoir « appartient à tout le monde ». D'autres redoutent surtout la jurisprudence : « S'il obtient sa plaque, celui du bloc B voudra la sienne pour avoir balayé le hall en 2009 », soupire une habitante du troisième étage, qui préfère « ne pas ouvrir ce dossier ». Le concerné, lui, a déjà prévu une petite cérémonie et hésite entre deux polices de caractères.

Attablé à sa terrasse juste en face, le cafetier du coin regarde la scène chaque soir sans se prononcer. « Qu'il ait sa plaque, son gilet, son cahier, ça m'est égal », finit-il par lâcher en essuyant une table. « Moi, la seule chose que je lui demande, c'est de viser un peu à gauche : ça fait douze ans qu'il m'arrose les clients. »

⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos

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