À Montréal, un cône orange oublié depuis si longtemps sur la rue Saint-Denis finit par recevoir son propre code postal

Installé pour un chantier dont plus personne ne se souvient de la nature exacte, le cône trône entre deux nids-de-poule depuis « au moins trois saisons », selon les riverains. « On a vérifié les archives. Le permis de chantier correspondant est expiré. L'entrepreneur, on ne le retrouve pas. Le cône, lui, est toujours là », reconnaît un fonctionnaire de l'arrondissement. « À un moment, il a bien fallu régulariser. On lui a donné une adresse. »
La décision, présentée comme « purement administrative », a néanmoins ému le voisinage. Certains résidents disent s'être attachés à ce repère devenu familier. « Je donne mes rendez-vous par rapport à lui : "on se voit au cône". Tout le monde comprend », témoigne une habitante du Plateau. Un café du coin l'a même intégré à son adresse de livraison, et le facteur, dit-on, le salue chaque matin. La Ville précise que le cône « ne bénéficie d'aucune protection patrimoniale », tout en admettant qu'aucun retrait n'est « à l'ordre du jour ».
Au ministère des Transports, on botte poliment en touche. « Techniquement, un cône orphelin relève de l'arrondissement dès lors que le chantier est clos », indique un porte-parole, avant de reconnaître que « la question de savoir quand un chantier est réellement clos, à Montréal, reste ouverte ». En attendant, le cône a reçu son code postal et figurera, dès l'automne, sur les prochains relevés de la voirie.
« De toute façon, si on l'enlève, ils vont rouvrir la rue le mois d'après », hausse les épaules un livreur en contournant le cône pour la centième fois, sans même ralentir.
⚠️ Cet article est satirique. Personnages, adresse et propos sont entièrement fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos