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Société · 🇩🇿 Algérie — Choupot, Oran

À Oran, une perceuse prêtée de voisin en voisin a percé tous les murs de l'immeuble sauf ceux de son propriétaire

Par la Rédaction LEC
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Illustration — À Oran, une perceuse prêtée de voisin en voisin a percé tous les murs de l'immeuble sauf ceux de son propriétaire (Société)
Choupot, Oran, Algérie — CC BY-SA 4.0 (source)

L'objet est une perceuse à percussion ordinaire, achetée en 2020 par Kamel H., locataire du deuxième étage d'un immeuble de Choupot. Prêtée une première fois au voisin du palier « pour deux trous, pas plus », elle n'a plus jamais regagné durablement son placard. En six ans, elle a fixé des étagères au rez-de-chaussée, un chauffe-eau au troisième, une tringle à rideaux au cinquième, et « quelque chose » au sous-sol dont personne ne se souvient exactement.

Un inventaire officieux, tenu par le fils d'une voisine, fait état de 214 trous répartis sur les huit appartements de la cage d'escalier. « Elle a travaillé partout », confirme un habitant du quatrième, qui l'a eue « une bonne semaine » au printemps. « Franchement, c'est une bonne machine. Solide. On la fait tourner à tour de rôle, chacun deux ou trois jours, c'est réglé. » Le calendrier de rotation, précise-t-il, est « à peu près respecté ».

Le seul appartement que la perceuse n'a jamais visité est celui de Kamel H. « À chaque fois que j'en ai besoin, elle est en bas, ou en haut, ou chez le cousin de quelqu'un », soupire-t-il. « La dernière fois, j'ai voulu accrocher un cadre. J'ai appelé pour savoir où elle était. On m'a dit de la réserver pour jeudi, parce que Rachid l'avait prise avant moi. » Il a raccroché, puis a fini par emprunter celle d'un collègue, dans un autre quartier.

Dans l'immeuble, la question de la propriété est désormais considérée comme réglée, sinon dépassée. La perceuse figure, au même titre que l'extincteur du couloir, dans les choses « qui sont là et qui servent à tout le monde ». Personne ne conteste que Kamel H. l'a payée. On estime seulement que ce détail appartient au passé.

« La machine, maintenant, elle est à l'immeuble », tranche le syndic bénévole en refermant le tableau des rotations. « Le seul qui doit demander la permission pour s'en servir, c'est celui qui l'a achetée. »

⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos

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