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Société · 🇹🇳 Tunisie — Sfax (gare de louages)

À Sfax, sept passagers d'un louage pour Tunis attendent le huitième depuis mardi et ont élu un chef de cabine

Par la Rédaction LEC
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Illustration — À Sfax, sept passagers d'un louage pour Tunis attendent le huitième depuis mardi et ont élu un chef de cabine (Société)
Louage tunisien, Tunisie — CC BY-SA 4.0 (source)

À la gare de louages de Sfax, le principe est connu de tous : le véhicule ne part pas tant que ses huit places ne sont pas vendues. Depuis mardi matin, sept voyageurs à destination de Tunis patientent sur la banquette, la portière ouverte sur le parking, en attendant qu'un huitième passager veuille bien compléter la rangée du fond.

« Le premier jour, on regardait nos montres. Maintenant, on regarde le parking », explique Slah, monté à bord avec un sac de sport et un thermos. Selon lui, le groupe a fini par prendre ses habitudes : chacun garde la place du voisin parti se dégourdir les jambes, et une liste a été établie pour l'ordre de passage à la fontaine. « On se connaît mieux qu'avec nos propres familles. »

Du côté du chauffeur, la logique reste économique. « Partir à sept, c'est perdre une place, et une place perdue ne revient jamais », tranche-t-il, adossé à son capot. Un responsable de la station confirme que la règle est intangible : « Le louage part plein ou il ne part pas, c'est comme ça depuis toujours. » Interrogé sur les trois jours écoulés, il hausse les épaules : « Ça finira par se remplir. Ça finit toujours par se remplir. »

Faute de départ, l'organisation s'est étoffée. Les sept passagers ont élu un chef de cabine, chargé de surveiller l'horizon et de trancher les cas litigieux — notamment celui d'un voyageur qui n'allait que jusqu'à Msaken et qu'on a poliment refusé, « pour ne pas casser la dynamique du groupe ». Une cagnotte a été ouverte pour les cafés, et un différend sur la climatisation, absente, a été réglé à l'amiable en ouvrant les quatre portières.

Un huitième candidat s'est bien présenté jeudi à midi, valise à la main. Il a observé un instant la banquette installée, les a salués un à un, puis a demandé s'il n'y avait pas un autre louage — celui-ci lui paraissait déjà bien plein de vie.

⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos

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