À Yopougon, un quartier d'Abidjan interrompt provisoirement ses activités économiques pour suivre les Éléphants jusqu'en huitième de finale

La nouvelle avait à peine été confirmée — Yopougon avait déjà décidé. Dès le lendemain de la victoire qualificative du 25 juin, les maquis du boulevard VGE ont commencé à afficher des horaires inédits : « Fermé jusqu'à la fin du match. » Dans les rues de Treichville, les gbakas ont progressivement allongé leurs pauses aux carrefours, leurs chauffeurs plaquant les téléphones contre le pare-brise pour suivre les retransmissions en direct.
« Nous avons trouvé un arrangement avec les clients habituels », explique Aminata Koné, qui tient une échoppe d'attiéké à Adjamé depuis quinze ans. « Le mardi et le vendredi, on ouvre à 7 heures, on livre les commandes du matin, et à 14 heures c'est terminé. Les gens comprennent. C'est le Mondial. » Les clients, eux, ont adapté leurs itinéraires en conséquence, se rabattant sur les quartiers de Cocody pour leurs courses des jours de match.
À la mairie du Plateau, un fonctionnaire de la direction des affaires générales a déposé, selon plusieurs collègues, une demande de « congé exceptionnel lié aux engagements sportifs nationaux » pour couvrir l'ensemble de la phase à élimination directe, soit potentiellement cinq semaines supplémentaires. La demande aurait été transmise à la hiérarchie, qui l'a annotée d'un simple « à étudier ».
Les commerçants de la zone du marché d'Adjamé prévoient de tenir une réunion en fin de semaine pour harmoniser les horaires de fermeture collective. « Si on ferme tous ensemble, personne ne perd de clients », résume un vendeur de téléphones portables rencontré devant son étal, les yeux rivés sur un écran diffusant les meilleurs moments du match contre la Colombie.
Assis sur le marchepied de son gbaka arrêté au feu d'Adjamé, Kouadio Konan, chauffeur depuis vingt-deux ans sur la ligne Adjamé–Yopougon, a levé les yeux de son téléphone le temps d'un soupir : « Les passagers attendent. Moi aussi j'attends. On attend tous. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos