Algérie Poste prélève 200 dinars de frais de tenue de compte sur un CCP dont le seul mouvement de l'année aura été ce prélèvement

L'opération est réglementaire et générale. Depuis le 27 juillet 2026, Algérie Poste prélève sur chaque compte courant postal une taxe annuelle de tenue de compte de 200 dinars, au titre de l'exercice 2025, en application de l'article 59 du décret exécutif n° 14-299 du 21 octobre 2014 fixant les tarifs des services financiers universels. La mesure concerne tous les détenteurs de CCP, actifs ou dormants, sans distinction.
Au guichet du bureau de poste du Ruisseau, dans la commune de Mohamed Belouizdad, Djamel B. a consulté son relevé avec le calme de celui qui n'attendait rien. « Regardez, il n'y a qu'une seule ligne sur toute l'année », fait-il observer, le doigt sur le papier. « Moins 200 dinars, tenue de compte. C'est tout. Pas un virement, pas un retrait, rien. » Le compte, précise-t-il, n'avait plus servi à quoi que ce soit depuis des mois. « Maintenant, il sert à ça : à être tenu. »
Le raisonnement, une fois posé, se referme sur lui-même avec une rigueur qu'aucun règlement ne conteste. Le compte est facturé parce qu'il est tenu ; il est tenu parce qu'un compte, cela se tient ; et son unique activité de l'exercice aura consisté à recevoir les frais qui attestent qu'il est bien tenu. « Techniquement, mon compte a travaillé cette année », résume Djamel B. « Il a encaissé sa propre taxe. » Sur les 1 400 CCP de l'agence, un employé estime qu'« au moins un bon millier » sont dans la même situation : parfaitement en règle, parfaitement immobiles.
Un retraité, venu retirer sa pension à trois guichets de là, suit l'échange en hochant la tête. « Le mien, c'est pareil, sauf que moi je l'utilise », dit-il. « Et à la fin de l'année, on me prend aussi 200 dinars. Donc que tu bouges ou que tu bouges pas, c'est le même prix. » Il range son carnet. « Au moins, celui qui ne fait rien, il ne risque pas de se tromper. »
« Le compte de monsieur, il est nickel », tranche l'agent au guichet en tamponnant le relevé. « Pas un centime de découvert, pas une erreur, pas un litige. Le client parfait, c'est celui dont le seul mouvement de l'année, c'est nous qui le faisons. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos