Défilé du 7 août : après avoir fermé l'axe Siporex-Keneya pour les répétitions à Yopougon, l'état-major annonce qu'il répétera aussi l'embouteillage

Le communiqué est tombé la semaine dernière : l'axe Siporex-Keneya sera fermé à la circulation les 26 et 31 juillet, puis les 2, 4 et 5 août, de 8 heures à 16 heures, afin de permettre le bon déroulement des répétitions du défilé militaire prévu le 7 août à Yopougon. Un plan de circulation alternatif, précise le texte, sera mis en place « pour limiter la gêne occasionnée aux usagers ». C'est cette dernière phrase qui a retenu l'attention de l'état-major.
« Un défilé, ça se répète ; nous avons donc jugé logique de répéter aussi l'embouteillage », explique un responsable de l'organisation, qui rappelle que la cérémonie attend près de 500 000 personnes et que 23 points d'eau ont déjà été sécurisés. « Le jour J, il ne faudra pas improviser. Le bouchon doit être au point : les gbakas à leur place, les woro-woro en formation, et tout le monde immobile en même temps. On ne veut pas d'un embouteillage amateur pour les soixante-six ans du pays. »
Sur le terrain, les habitants du quartier Keneya assurent être « en avance sur le programme ». Contraints de contourner par le boulevard de la Solidarité et Niangon depuis plusieurs jours, beaucoup estiment répéter le fameux bouchon avec un sérieux que l'état-major pourrait leur envier. « Franchement, on n'a pas attendu la consigne, souffle un riverain resté une heure quarante à hauteur de Sicogi. On répète ça tous les matins depuis des années, personne ne nous a jamais félicités. »
Reste la question du plan de circulation alternatif, lui aussi si bien rodé qu'un vendeur d'attiéké de Siporex propose désormais de le faire défiler également : « Le détour par Gesco, on le connaît par cœur, mieux que l'hymne. À force, c'est lui qui mériterait de passer devant la tribune. » Les organisateurs, eux, promettent que tout sera « fluide » le 7 août au matin, une fois la route rouverte.
« Moi, mon poste, c'est le feu de Siporex depuis six ans », résume un chauffeur de woro-woro de la ligne Yopougon–Adjamé, appuyé sur son volant. « Le 7 août, je serai à l'heure, promis : je n'ai jamais réussi à bouger de là. »
⚠️ Cet article est satirique et inspiré d'un fait réel. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos