Au Dour Festival, le nouveau camping Far West présente son taureau mécanique embourbé comme une attraction à part entière

Vendu comme le camping « le plus dépaysant » des huit formules proposées cette année, l'espace promettait lancer de lasso, cours de danse country, jacuzzis fumants et un taureau mécanique en accès libre. Mais la drache tombée sans discontinuer sur le Hainaut depuis mardi a transformé la piste en marécage, et l'engin phare s'y enfonce désormais jusqu'aux naseaux à chaque démarrage. « Techniquement, il ne bascule plus, il glisse », reconnaît un régisseur du site, avant de préciser que l'attraction reste maintenue : « On a simplement mis à jour la fiche : ce n'est plus un rodéo, c'est une immersion. Les gens montent, le taureau cale dans la gadoue, ils restent assis. Certains trouvent ça plus reposant que le concert de 3 heures du matin. »
L'organisation assure que le reste du programme western tient bon, moyennant quelques adaptations. Le cours de danse country se donne toujours à l'heure prévue, mais bottes de pluie obligatoires, la ligne de « boot scootin' » se limitant à un piétinement prudent pour éviter les glissades. « On a gardé le chapeau et la chemise à carreaux, on a juste ajouté le poncho », résume une monitrice, qui note que les figures les plus techniques ont été « reportées à une édition plus sèche, si ça existe ». Interrogé sur la cohérence de l'ensemble, le bourgmestre de Dour a préféré saluer « une belle image d'ouverture », rappelant que « le Borinage a extrait du charbon pendant deux siècles dans des conditions autrement plus humides, sans jamais s'en plaindre publiquement ».
Côté campeurs, l'enthousiasme reste intact, à défaut d'être sec. « On a payé pour le Far West, on a le Far West, la boue en plus », philosophe une festivalière venue de Mons, qui dit avoir renoncé à distinguer ses affaires propres de ses affaires sales dès le premier soir. Les jacuzzis, eux, affichaient complet, leurs occupants formant les seuls îlots de chaleur d'un ranch où la frontière entre le bain à remous et le sentier détrempé devenait, en fin de journée, difficile à établir.
Depuis sa ferme d'Élouges, à quelques centaines de mètres des barrières, un voisin regardait le taureau mécanique s'enliser pour la douzième fois de la matinée. « Ils ont mis des cactus et un taureau, et ils appellent ça le Far West », a-t-il soufflé en remontant son col. « Nous, on appelle ça juillet. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos