Emirates repousse encore la reprise du vol Dubaï–Alger : les voyageurs concernés ont eu le temps de fonder une famille

C'est une ligne aérienne qui existe surtout au futur. Après avoir promis un retour du vol Dubaï–Alger le 2 août, la compagnie Emirates a fait marche arrière et fixé une nouvelle date : le 1er septembre. Une date que les habitués accueillent avec la sérénité prudente de ceux qui ont déjà vu septembre reculer d'eux-mêmes vers octobre. Air Algérie, sur la question, garde le silence d'un professionnel qui ne veut pas s'engager.
À Dubaï, dans le hall des départs, Farida attend depuis si longtemps qu'elle connaît le personnel de ménage par leurs prénoms. « J'ai acheté mon billet pour rentrer à Alger voir ma mère. À la première annonce, ma mère m'attendait. À la deuxième, elle a repeint le salon. À la troisième, elle m'a demandé si finalement je ne préférais pas rester là-bas », résume-t-elle. Selon une estimation invérifiable circulant dans la salle d'embarquement virtuelle, la reprise aurait été repoussée en moyenne d'un mois tous les vingt-deux jours, ce qui, mathématiquement, l'éloigne.
Dans les agences de voyage de la rue Didouche-Mourad, on a cessé de vendre des billets pour cette ligne : on vend des abonnements à l'espérance. « Le client ne demande plus la date du vol, il demande la date de la prochaine annonce de la date du vol », explique un agent, qui affiche désormais le calendrier des reports comme d'autres affichent les horaires de prière. Un couple, parti fêter ses fiançailles à Dubaï, envisagerait de profiter de l'attente pour organiser sur place le mariage, le baptême et, si Emirates tient parole, la communion.
La compagnie, elle, reste confiante : le Boeing 777 est prêt, l'équipage est prêt, la date, elle, réfléchit encore.
Consulté une dernière fois avant l'impression, un voyageur a haussé les épaules : « Le 1er septembre, c'est sûr et certain. J'ai déjà entendu ça pour le 2 août, le 15 juin et le mariage de mon cousin. Il finira bien par avoir lieu, l'un des trois. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. Aucun voyageur n'a réellement vieilli en salle d'embarquement — enfin, pas physiquement. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos