En pleine canicule européenne, l'Algérie exporte 250 000 climatiseurs assemblés dans un atelier sans climatisation

La scène a des allures de symbole industriel. Depuis la plateforme logistique de Bordj Bou Arreridj, des conteneurs de climatiseurs « Made in Algeria » partent désormais rafraîchir Madrid et Séville, avant Rome et Marseille, promet-on. « Nous avons prouvé que le produit algérien répond aux normes européennes les plus exigeantes », s'est félicité un cadre du commerce extérieur, en épongeant discrètement son front d'un revers de manche.
À l'intérieur des ateliers, quelque 1 800 ouvriers assemblent des appareils qu'ils ne verront jamais tourner chez eux. La chaîne fonctionne par 42 degrés, un chiffre que la direction préfère qualifier de « température ambiante de saison ». Un unique ventilateur de plafond, seul dispositif de rafraîchissement autorisé sur le site, brasse consciencieusement l'air chaud au-dessus des cartons estampillés « Andalousie ».
Les responsables évoquent déjà une méga-usine et 1,6 million d'unités promises à l'export. « L'Europe a chaud, c'est une opportunité historique », analyse un expert du secteur, qui voit dans cette canicule « la meilleure campagne marketing jamais offerte gratuitement à l'industrie nationale ». Nul, pour l'heure, n'a évoqué l'idée d'en garder quelques-uns sur place.
Sur la chaîne, l'ambiance reste bon enfant. Les ouvriers plaisantent, testent chaque appareil trois secondes avant de le sceller, savourant l'unique souffle frais de leur journée.
« Le mien souffle très bien », confirme Rabah en refermant son carton d'un geste résigné. « Il va faire un heureux à Malaga. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos