Face à l'afflux quotidien de 230 000 frontaliers, le Luxembourg envisage de se ranger sur le côté pour les laisser passer

Selon un document de travail consulté cette semaine, le ministère de la Mobilité examine « sérieusement » l'hypothèse d'un léger déport du territoire national afin de fluidifier l'arrivée des frontaliers. « Le pays se traverse en une heure de voiture, nous partons donc d'une base gérable », explique un porte-parole, qui rappelle que le tram, le bus et le train sont gratuits depuis 2020 « mais que cela ne suffit visiblement pas à convaincre tout le monde de lâcher le volant ».
Concrètement, entre la gare de Bettembourg et le plateau du Kirchberg, la totalité des infrastructures — ronds-points, files d'attente, feux et administrations comprises — se rangerait poliment d'un cran pour dégager la bande de gauche. « On laisse passer, c'est une question de savoir-vivre », résume le porte-parole, précisant que le Grand-Duché reprendrait sa position initiale « vers 9 h 15, une fois tout le monde installé à son bureau ».
À Esch-sur-Alzette, une frontalière venue de Thionville accueille la nouvelle avec prudence. « C'est gentil de se pousser, mais s'ils pouvaient aussi avancer un peu, ça m'arrangerait », confie-t-elle depuis sa voiture, à l'arrêt depuis Differdange. Le ministère assure que la mesure, trilingue, sera annoncée « en luxembourgeois, en français et en allemand, pour que personne ne rate le moment de se ranger ».
Sur le quai de la gare de Bettembourg, un contrôleur hausse les épaules : « De toute façon, le train est gratuit, il est à l'heure et il est vide. Le seul embouteillage du pays, c'est les gens qui ont insisté pour prendre la voiture. »
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