L'astéroïde (20452) Kerraouch prié de fournir un justificatif de domicile intersidéral

L'annonce a d'abord été accueillie avec une émotion sincère, des cafés de Kouba jusqu'aux amphithéâtres de Bab Ezzouar : une Algérienne prête désormais son nom à un objet qui gravite quelque part entre Mars et Jupiter. Puis un guichet a ouvert un formulaire. Car l'astéroïde réside, sans discussion possible, « hors du territoire national ».
« À partir du moment où il tourne autour du Soleil et pas autour d'Alger, il relève du régime des Algériens établis à l'étranger », explique un agent du fraîchement créé service des affaires célestes, feuilletant un dossier de quatorze pièces. « On lui demande la même chose qu'à tout le monde : acte de naissance, justificatif de domicile de moins de trois mois, et deux photos d'identité fond blanc. Le fond blanc, pour lui, ça devrait aller. »
Reste la question du domicile. L'objet parcourant plusieurs centaines de millions de kilomètres par révolution, aucune adresse fixe n'a pu être retenue. Le service a d'abord envisagé de le rattacher à la wilaya de l'astronome, avant qu'un fonctionnaire zélé ne fasse observer qu'un astéroïde « ne dort jamais deux fois au même endroit » et devait donc, en toute rigueur, être inscrit comme SDF interplanétaire. Le consulat, lui, attend une prise de rendez-vous en ligne, créneaux ouverts le mardi.
« Qu'il prenne son mal en patience, il n'est pas le seul », soupire l'agent en tamponnant une case vide. « Moi ça fait douze ans que j'attends ma mutation à Oran. Lui au moins, il bouge. »
⚠️ Cet article est satirique. Il s'inspire d'un fait d'actualité réel mais les propos, citations et rebondissements sont fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos