L'Office québécois de la langue française dévoile enfin l'équivalent français officiel de « burn-out », trois ans après que tout le monde au bureau en a fait un

Le nouveau terme recommandé, « état d'épuisement occupationnel avancé », a été présenté au terme d'un processus que l'Office qualifie de « rigoureux et serein ». Trois comités se sont succédé, l'un chargé de la justesse linguistique, l'autre de la sonorité, le troisième « de vérifier que le mot tenait sur une carte d'absence ». « Nous ne voulions rien précipiter », a expliqué un porte-parole. « Un mot qui décrit la fatigue ne doit pas donner l'impression d'avoir été écrit dans la fatigue. »
Dans les milieux spécialisés, l'accueil est globalement positif, à une réserve près : le terme officiel compte quatre mots là où l'anglicisme n'en compte qu'un. « C'est plus long à prononcer que l'état lui-même », a reconnu une linguiste, jointe entre deux séances de repos. L'Office assume ce choix et rappelle que « la langue française n'a jamais eu peur de la longueur, surtout pour les choses graves ».
Reste la question de l'usage. Dans les bureaux de Québec, où l'hiver rallonge déjà les journées, plusieurs employés ont admis avoir renoncé à prononcer l'expression complète avant même de finir leur café chez Tim Hortons. Un cadre a proposé de « l'abréger en É.É.O.A. », proposition aussitôt transmise à un quatrième comité.
Un fonctionnaire de longue date, croisé à la sortie, lisait encore la fiche terminologique en enfilant sa tuque. « Je vais demander un congé pour cause d'état d'épuisement occupationnel avancé », a-t-il annoncé lentement. « Le temps de le dire à mon patron sans me tromper, je crois que je vais en avoir besoin d'un deuxième. »
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