La Flandre inaugure un sentier de 90 kilomètres entre Halle et Leuven, tracé à travers quatre forêts et minutieusement calibré pour que le marcheur arrive pile à l'heure de l'apéro

Longeant le Hallerbos, la Forêt de Soignes puis la vallée de la Dyle jusqu'aux abords de la forêt de Meerdael, le tracé de quelque 90 kilomètres a été balisé en vert et en jaune sur près de deux ans. « Nous voulions un sentier qui traverse le vrai Brabant flamand, ses massifs, ses vallées, ses villages », a expliqué la ministre flamande du Tourisme lors de l'inauguration, sous une pluie fine que les organisateurs ont qualifiée de « conforme aux prévisions et à l'identité régionale ».
Selon un garde forestier chargé du balisage, le véritable défi n'a pas été le relief, plutôt doux, mais le calcul du dénivelé cumulé et de la vitesse moyenne d'un marcheur belge chargé d'un sac, d'un poncho et d'une gourde. « On a mesuré, remesuré, refait les additions un dimanche entier », précise-t-il. « Départ de Halle après le petit-déjeuner, deux jours de marche, une nuit à Overijse : l'objectif, c'est que le randonneur pousse la porte du premier café de Leuven exactement quand il commence à avoir soif, ni avant, ni après. »
L'itinéraire, entièrement fléché en néerlandais côté flamand, prévoit un unique panneau bilingue à Rhode-Saint-Genèse, « par courtoisie et par prudence », et une aire de repos tous les douze kilomètres, distance jugée « raisonnable entre deux tartines ». Les autorités communales assurent que le sentier pourra être parcouru dans les deux sens, « pour ceux qui préfèrent commencer par la bière et finir par la forêt ».
Interrogée sur la fréquentation attendue, l'office du tourisme se veut prudent : les premiers marcheurs sont annoncés dès ce week-end, poncho au dos, et un service de navette a été prévu pour ceux qui, arrivés à destination, jugeraient finalement les 90 kilomètres de retour un peu longs.
« De toute façon, ils arriveront tous à la même heure », soupire un cafetier de la Grand-Place de Leuven en alignant ses verres. « Ça fait quarante ans que je vois passer des randonneurs : le sentier, ils s'en fichent un peu. Ce qu'ils veulent, c'est savoir si la terrasse est encore ouverte. »
⚠️ Cet article est satirique et inspiré d'un fait réel. Les propos et citations sont entièrement fictifs. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos