Le 15 août, la seule boulangerie ouverte du Malzieu-Ville régule sa file d'attente avec les barrières du feu d'artifice

Vers 8 h, la queue atteignait le monument aux morts, soit environ le double de la population du village un jour de semaine. « On a des gens de trois vallées, des estivants en location, des cyclistes, deux cars », énumère un adjoint au maire, chargé de faire avancer la file « par petits groupes, comme au télésiège ».
À l'intérieur, la boulangère travaille depuis 5 h. « Je fais ce que je peux, mais je peux pas fabriquer un 15 août par personne », soupire-t-elle en rationnant discrètement les baguettes à deux par foyer. Les tourtes, elles, sont parties avant 8 h 30, au grand dam d'une vacancière qui affirme « avoir fait la route depuis Saint-Chély-d'Apcher exprès ».
La mairie assure ne rien avoir prémédité. Les barrières, sorties du hangar municipal, servent d'ordinaire à délimiter la zone du feu d'artifice au bord de la Truyère. « C'était ça ou laisser la file couper la départementale », justifie l'adjoint, qui a également fléché un sens de circulation à la craie sur le trottoir. Un panneau manuscrit rappelle par ailleurs que « la boulangerie rouvre normalement le 16 ».
Réquisitionné pour installer les barrières à l'aube, le cantonnier a rangé son gilet en fin de matinée sans manifester d'étonnement particulier : « Chaque année je les monte pour le feu d'artifice, chaque année je les remonte pour le pain. Au moins, là, personne regarde le ciel. »
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