Sport · 🇩🇿 Algérie
À Oran, un match de quartier interrompu depuis 2019 reprendra dès que les deux équipes se seront mises d'accord sur le penalty
Le terrain vague du quartier de Médioni attend toujours la reprise d'une rencontre suspendue sur une décision d'arbitrage jamais tranchée.
Sur le terrain vague de Médioni, à Oran, les cages tiennent encore debout, les pierres qui délimitent les buts n'ont pas bougé, et la partie n'est officiellement pas terminée. Interrompue un soir de 2019 sur un penalty contesté, la rencontre entre « ceux d'en haut » et « ceux d'en bas » est techniquement toujours en cours, dans l'attente d'un consensus qui tarde à venir.
Le litige porte sur une faute dans la surface — une surface elle-même sujette à débat, personne ne s'accordant sur son emplacement exact. « Il y a eu contact, c'est indéniable », affirme un joueur de l'équipe du haut. « Il n'y a jamais eu contact, et d'ailleurs il n'y a pas de surface », rétorque un adversaire, catégorique, désignant une zone que lui seul semble voir.
Plusieurs tentatives de médiation ont échoué. Un habitant a proposé de rejouer l'action ; l'idée a été rejetée au motif que « ce ne serait plus le même ballon ». Un autre a suggéré de trancher à pile ou face, avant qu'on ne réalise que personne ne se souvenait du score. Depuis, chaque camp campe sur ses positions, et sur le terrain, littéralement.
Les enfants du quartier, eux, jouent désormais autour du point de penalty comme d'un monument. Assis sur un muret, l'arbitre improvisé de l'époque, aujourd'hui gérant du kiosque d'en face, refuse toujours de se prononcer : « Si je siffle maintenant, il y en a la moitié qui rentre à la maison fâchée. Autant laisser le match ouvert, comme ça tout le monde peut encore gagner. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive.