Sport · 🇩🇿 Algérie
À Sétif, un supporter décide de regarder tous les matchs de son équipe avec un quart d'heure de décalage, par précaution émotionnelle
Lassé de souffrir en direct, un habitant du quartier de Bizar a mis au point une méthode pour suivre le championnat « à distance de sécurité ».
Le principe est simple : le match commence, mais lui attend quinze minutes avant de lancer sa retransmission. « Comme ça, si on prend un but à la troisième minute, moi je ne le sais qu'au bout de dix-huit. J'ai gagné du temps de tranquillité », explique-t-il, télécommande en main. En cas de score défavorable, il lui suffit « de regarder discrètement le visage des voisins par la fenêtre » pour ajuster son moral avant de commencer.
La méthode a des effets collatéraux. Coupé du direct, l'homme évite les groupes de discussion du quartier les soirs de match et fait de longs détours pour ne pas passer devant le café de la rue, « là où les gens crient les scores sans prévenir ». Ses proches ont appris à ne rien laisser transparaître : « Quand il rentre et qu'on a perdu, on garde un visage neutre, on lui laisse ses quinze minutes. C'est devenu une politesse de famille », confie sa sœur.
Un ami, adepte lui aussi de la technique, pousse le raisonnement plus loin et affirme regarder désormais les matchs « avec deux jours de retard, uniquement ceux qu'on a gagnés ». Il assure ne plus avoir connu de déception depuis la saison dernière et se dit « globalement plus heureux, même si un peu seul ».
Le serveur du café, qui voit le supporter faire son détour chaque soir de match, hausse les épaules : « Il croit qu'il se protège. Mais le jour où on gagnera quelque chose d'important, il l'apprendra un quart d'heure après tout le monde, et ça, c'est la vraie défaite. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive.