Le Canular

Économie · 🇩🇿 Algérie

Face à la flambée des prix, une famille de Bab El Oued décide d'acheter désormais ses tomates à l'unité et par ordre de mérite

· Rédaction LEC

Depuis le début du mois, les Belhadj n'achètent plus leurs tomates au kilo mais une par une, après un bref entretien d'évaluation devant l'étal.

« On ne peut plus se permettre de ramener n'importe quelle tomate à la maison », explique posément la mère de famille, qui inspecte chaque fruit sous tous les angles avant de statuer. « Celle-là, elle a une tache, elle repassera le mois prochain. » La sélection dure en moyenne vingt minutes et se solde le plus souvent par l'acquisition de deux tomates, « les deux plus sérieuses ».

Chez les Belhadj, la tomate a cessé d'être un ingrédient pour devenir « une décision ». Le père tient un carnet où il note les cours du jour et compare, matin et soir, la mercuriale du marché Triolet avec celle du marché de la Casbah. « La courgette aussi est devenue une affaire d'État, mais elle, au moins, on la prend encore au demi-kilo », précise-t-il, comme pour rassurer.

Un économiste joint par nos soins salue « une gestion patrimoniale du panier ménager » et estime que le pays « n'a jamais été aussi rigoureux dans l'allocation de ses ressources maraîchères ». Il recommande néanmoins d'étendre la méthode « à l'oignon, avant qu'il ne soit trop tard ».

Le marchand, lui, a fini par s'habituer : « Ils viennent, ils choisissent longtemps, ils repartent avec deux tomates. Franchement, je préfère ça aux clients qui achètent au kilo et qui reviennent pour se plaindre. »

⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive.

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