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Société · 🇨🇲 Cameroun (Yaoundé — Olembé / échangeur d'Obala, Mfoundi)

Pénétrante Nord de Yaoundé : incapable de rattraper les délais, le gouvernement opterait pour l'inauguration des 25 % déjà construits

Par la Rédaction LEC
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Illustration — Pénétrante Nord de Yaoundé : on inaugurerait les 25 % déjà construits (Société)
Yaoundé, Cameroun — CC BY-SA 4.0 (source)

La pénétrante Nord de Yaoundé, ce chantier d'élargissement à 2×2 voies de l'axe Olembé–échangeur d'Obala confié en 2024 à l'entreprise en charge des travaux pour un montant de 27 milliards de FCFA, affiche à ce jour un taux d'avancement d'environ 25 %. Un rythme qui, à quelques mois de l'échéance annoncée, place le projet dans une situation que l'administration préfère désormais qualifier de « livrable en l'état ».

« Nous avons longuement étudié le dossier, et il est apparu que rattraper 75 % de travaux avec 10 % de délai restant relevait de l'optimisme », explique un cadre du ministère des Travaux publics joint par nos soins. « La décision responsable, c'est d'inaugurer ce qui existe. Le premier quart est un très beau quart. » Selon lui, une cérémonie sobre est envisagée à la sortie d'Olembé, avec ruban, fanfare et discours proportionnés à la longueur effectivement goudronnée.

Sur le terrain, les riverains accueillent la nouvelle avec le calme des habitués. « On nous avait promis une route jusqu'à Obala. On aura une route jusqu'à l'endroit où s'arrête la route », résume un habitant d'Olembé, qui dit avoir vu passer trois saisons des pluies sans voir passer une seule couche de bitume supplémentaire. Les blocages administratifs, régulièrement évoqués dans le dossier, seraient eux aussi « inaugurables à 25 % », précise le cadre.

Les grands-taxis de l'axe, eux, ont déjà adapté leur tarif à la géographie du chantier : plein tarif jusqu'au ruban, tarif « piste » au-delà. « Le client descend là où finit le goudron et continue à pied avec sa valise. C'est écrit nulle part, mais tout le monde a compris », indique un chauffeur, qui klaxonne pour ponctuer sa phrase.

Installé au bord du chantier depuis son ouverture, un vendeur de beignets d'Olembé hausse les épaules : « Moi ça m'arrange qu'ils inaugurent maintenant. Comme ça les officiels viennent, ils achètent, ils repartent — et je garde mon emplacement pour la deuxième inauguration, dans deux ans. »

⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos

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