Recensement au Cameroun : à une semaine de l'échéance, les équipes du RGPH-4 ratissent encore l'Est à la recherche du tout dernier Camerounais non compté

Lancée le 24 avril et forte d'un budget de 13,5 milliards de FCFA, l'opération devait s'achever fin mai. Deux mois de rallonge plus tard, la coordination régionale de l'Est concentre désormais ses moyens sur un objectif unique : localiser les rares ménages qui, statistiquement, n'auraient pas encore été portés sur un questionnaire. « Nous sommes à 99 quelque chose pour cent, expliquait un responsable local à Bertoua. Il nous manque une poignée de foyers, et nous irons les chercher un par un s'il le faut. »
Sur le terrain, la traque de l'exhaustivité prend des formes inattendues. Dans un quartier de Yaoundé, une équipe est repassée pour la troisième fois dans la même concession afin de vérifier qu'aucun occupant n'avait été « oublié entre deux passages ». « La première fois, ils ont compté la maison. La deuxième fois, ils ont compté le locataire du fond. Là, ils reviennent pour la belle-sœur qui était au marché », témoigne un habitant, qui dit garder son formulaire à portée de main « au cas où ».
Le défi est plus grand encore vers les localités enclavées de l'Est, où certains villages affirment de bonne foi avoir déjà été recensés — « l'année dernière », assurent des habitants, quand l'opération n'a commencé qu'en avril. La coordination reconnaît devoir parfois « recompter pour être sûr de ne pas avoir compté deux fois », une opération qui, à son tour, allonge les délais qu'elle est censée résorber.
Au siège régional, on se veut confiant : la dernière semaine sera consacrée au « bouclage fin », c'est-à-dire au ratissage des derniers points du territoire où subsisterait le moindre doute sur un individu non enregistré.
« On m'a dit de ne pas rentrer tant que je n'aurai pas trouvé le dernier, soupire un agent recenseur affecté au bouclage. Le problème, c'est que chaque fois que je crois l'avoir trouvé, il me présente un cousin. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos