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Société · 🇸🇳 Sénégal — banlieue de Dakar (Keur Massar, Malika, Guédiawaye, Jaxaay)

SEN'EAU annonce une coupure d'eau d'une demi-journée à Keur Massar, la banlieue se prépare comme pour un siège de deux ans

Par la Rédaction LEC
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Illustration — SEN'EAU annonce une coupure d'eau d'une demi-journée à Keur Massar, la banlieue se prépare comme pour un siège de deux ans (Société)
Banlieue de Dakar, Sénégal — CC BY-SA 4.0 (source)

La société SEN'EAU l'avait pourtant formulé avec le calme d'un bulletin météo : des travaux de renouvellement du réseau entraîneraient, ce jeudi 23 juillet, une baisse de pression et par endroits une absence d'eau, avec retour à la normale dans la soirée et déploiement de camions-citernes dans les zones les plus touchées. Une gêne d'une demi-journée, balisée, annoncée, encadrée par un numéro vert. À Keur Massar Nord, l'information a été reçue comme un ordre de mobilisation générale.

Dès mercredi soir, dans les cours de Malika, chaque récipient doté d'un fond a été promu au rang de réserve stratégique : bidons de vingt litres, bassines de linge, marmites du dibiterie, seaux d'enfants et, dans un cas signalé à Guédiawaye, une glacière de pique-nique reconvertie en citerne d'appoint. « J'ai rempli ce qu'il fallait remplir », explique une habitante de Jaxaay en désignant un couloir où s'alignent quatorze contenants pour un foyer de cinq personnes. « On ne sait jamais. Une demi-journée aujourd'hui, ça peut cacher une demi-journée demain. »

Chez les vendeurs de bidons du marché de Keur Massar, la coupure planifiée a produit ce qu'aucune campagne publicitaire n'avait réussi. « Depuis hier, je vends le stock de trois semaines », confie un commerçant, prudent sur les chiffres et généreux sur les sourires. Un porte-parole fictif de la compagnie, joint pour la forme, a tenu à rassurer : « L'eau revient ce soir. Elle revient toujours ce soir. Nous le disons, mais dans ce quartier, on préfère se fier à la bassine. » Un sociologue tout aussi imaginaire y voit « une forme de patriotisme domestique : ici, on ne subit pas une coupure, on la reçoit dignement, avec un plan sur trois jours. »

En milieu de matinée, alors que la pression baissait comme annoncé, plusieurs foyers de Malika disposaient déjà de plus d'eau stockée que n'en consomme un immeuble entier en une journée ordinaire. Les camions-citernes de SEN'EAU, arrivés à l'heure, ont trouvé des cours déjà pleines et des habitants légèrement gênés d'avoir tant anticipé.

Interrogé sur ce qu'il ferait de ses onze bidons une fois l'eau revenue, le gardien d'un immeuble de Keur Massar a haussé les épaules sans quitter son banc : « Rien. Je les garde pleins. La prochaine coupure, elle n'a pas encore prévenu, mais elle viendra. »

⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos

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