Un an après la mise en service de son rond-point, une commune tourangelle n'a toujours pas tranché ce qu'elle mettra au milieu

L'ouvrage a été inauguré l'an dernier, ruban coupé et sous-préfet présent, à l'intersection de la D2 et de la route de Neuillé. Depuis, les automobilistes tournent sans encombre. Reste, au milieu, un rond de terre pelé que la municipalité s'était engagée à « valoriser dignement ». « Un rond-point sans rien au centre, c'est un rond-point qui a l'air d'attendre quelque chose », résume un adjoint.
Pour trancher, le conseil a créé au printemps une commission d'embellissement, réunie sept fois depuis. Les options se sont accumulées : un vieux pressoir à pommes prêté par un exploitant, une sculpture en acier corten proposée par un artiste du canton, un massif de graminées, ou « quelque chose évoquant le patrimoine local, mais sans qu'on sache encore quoi ». Chaque piste a ses partisans, et surtout ses opposants.
Le pressoir, un temps favori, a buté sur la question de son entretien l'hiver. Les graminées ont été jugées « un peu tristes en février ». La sculpture, elle, divise sur son coût et sur « ce qu'elle représente exactement ». Une concertation a été ouverte en mairie : un cahier attend les avis des habitants sur le comptoir, à côté des formulaires de recensement. Il compte, à ce jour, onze contributions.
La municipalité assure ne pas vouloir « bâcler une décision qui restera visible trente ans ». Une nouvelle réunion est prévue en septembre, avec, à l'ordre du jour, la création éventuelle d'un sous-groupe chargé d'auditionner les exploitants susceptibles de prêter un objet agricole. En attendant, un agent communal passe une fois par mois désherber le centre du giratoire, « pour qu'il reste présentable pendant qu'on réfléchit ».
« De toute façon, à la vitesse où on tourne, personne n'a jamais eu le temps de regarder ce qu'il y a au milieu », observe un habitant du bourg, qui reconnaît toutefois avoir déposé un avis dans le cahier, « pour le pressoir, par principe ».
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