Sacré-cœur de la SAPE, un sapeur de Matonge renonce à un emploi de bureau qui l'obligerait à s'asseoir sur ses plis

Dans le quartier de Matonge, où l'élégance se pratique en plein air comme un sport de haut niveau, l'affaire fait causer depuis plusieurs jours. Un sapeur bien connu de la Place de la Victoire aurait reçu une proposition d'embauche d'une société de la Gombe — bureau climatisé, salaire régulier, transport assuré — et l'aurait poliment refusée après un examen attentif du poste de travail.
« Le problème, ce n'est pas le travail. Le travail, je respecte. Le problème, c'est la chaise », aurait-il expliqué à ses proches. Selon un ami sapeur, l'intéressé aurait calculé qu'une journée de bureau représentait « environ sept heures assis, donc sept heures de faux plis », un coût que ni son costume ni sa réputation ne pouvaient absorber. Ses chaussures de marque, longuement entretenues, auraient également été jugées « trop sérieuses pour rester sous une table toute la journée sans être vues ».
Du côté de la société recruteuse, on tombe des nues. « On lui proposait un CDI. Il nous a demandé si le poste pouvait se faire debout, et si oui, à quel étage on nous voyait le mieux depuis la rue », confie un recruteur encore perplexe. La direction aurait envisagé un tabouret haut avant de renoncer, faute de garantie sur la tenue du pli.
Dans le quartier, les avis sont partagés mais l'admiration domine. « Un vrai sapeur ne s'assoit pas n'importe comment sur n'importe quoi », tranche un habitué du coin, qui rappelle que « la Sape, c'est d'abord une discipline, et la discipline ça ne va pas avec la sécurité de l'emploi ».
Sa mère, elle, a depuis longtemps rangé ses espoirs à côté des costumes : « Je lui ai dit qu'on peut être élégant et avoir un salaire. Il m'a répondu qu'on peut aussi être élégant sans salaire, et que lui, au moins, il a choisi. »
⚠️ Cet article est entièrement fictif. LEC est un média satirique ; noms, lieux et situations sont utilisés de façon fictive. Mentions légales · À propos